La magie au Maghreb

Ah, le Maghreb, cette terre de sable chaud et de mystères plus épais que le meilleur des couscous. À l'occasion du Ramadan 2024, plongeons dans le chaudron bouillonnant de la magie et de l'occulte maghrébins, où les djinns ne sont pas seulement des lampes à frotter et où le mauvais œil est plus redouté qu'un lundi matin. Ici, la sorcellerie, ou sihr pour les intimes, tisse son intrigue dans le quotidien, mariant l'ancestral et le moderne avec plus d'adresse qu'une tante arrangeant un mariage. Que ce soit à travers les amulettes protectrices, les incantations susurrées au creux de la nuit, ou les rituels de guérison, le Maghreb vibre au rythme d'une magie qui refuse de se laisser reléguer au rang de folklore. Alors, accrochez vos tapis volants, nous partons pour un voyage initiatique à la découverte de cet univers où le mystique est roi et où chaque conte est une porte vers l'invisible. Attention ! Cet article n’a pas pour but de blesser la foi des musulmans, bien au contraire. Nous souhaitons mettre en lumière les légendes de ces pays riches en Histoire, afin de célébrer leur diversité.
Petit disclaimer !
Dans le prisme de l'islam, la sorcellerie est un sujet sérieux, souvent associé à des pratiques interdites (haram), car elle est perçue comme une tentative de manipuler les forces surnaturelles à des fins personnelles, ce qui entre en contradiction avec la soumission à la volonté divine. Cette vision religieuse se distingue clairement des traditions culturelles, où la superstition et les croyances en des phénomènes paranormaux sont bien ancrées dans le quotidien au Maghreb. La région, riche de son héritage berbère, arabe et islamique, est un terreau fertile pour les légendes et les mythes… Plongeons dans ces légendes fascinantes !
Qui est Aïcha Kandisha ?

Dans les ombres des nuits marocaines, la légende d'Aïcha Kandisha résonne et glace le sang de celles et ceux qui l'entendent. On dit qu'elle émerge des profondeurs des cours d'eau, une apparition envoûtante, beauté maudite aux pieds de chèvre, dissimulant sa véritable nature. Ses yeux ensorcellent les hommes, comme les succubes ou les sirènes, les entraînant dans un abîme de désir et de terreur… Les anciens les plus superstitieux vous diront assurément qu’ils l’ont déjà vue et il n’est pas rare d’entendre un témoignage impliquant Aïcha Kandisha.
Celles et ceux qui la craignent murmurent qu'elle est la gardienne de malédictions ancestrales, vengeresse des injustices subies par les femmes à travers les âges. Son nom seul suffit à faire frémir, car croiser son chemin signifie s'aventurer sur un sentier d'où l'on ne revient pas indemne. Aïcha Kandisha, plus qu'une simple légende, est le reflet d'une peur profonde, tissée dans le cœur du Maroc, un avertissement murmuré au coin du feu : ne te laisse pas séduire par la beauté et méfie-toi des apparences.
Tu connais les Djinns ?
Les djinns, esprits éthérés du folklore islamique, errent, emprisonnés dans un monde parallèle au nôtre. Ni tout à fait maléfiques, ni entièrement bienveillants, ils sont les enfants du feu sans fumée, façonnés dans les flammes primordiales… Classe, n’est-ce pas ? L’on raconte que ces êtres capricieux possèdent des pouvoirs qui défient l'entendement humain, capables de se métamorphoser, de traverser les dimensions et d'influencer le destin des mortels. Mais prenez garde, car leur nature imprévisible est un double tranchant : un djinn peut être un protecteur fidèle comme un ennemi implacable. On dit que certains lieux, abandonnés ou sacrés, sont leurs refuges favoris. Là, ils observent, invisibles et très discrets. Frôler la présence d'un djinn, c'est toucher du doigt un mystère vieux comme le monde. Le sujet des « djinns » est pris très au sérieux par les maghrébins, et plus généralement, par les musulmans dans le monde. C’est une croyance qui fait partie du quotidien et qui est enseignée depuis l’enfance : les djinns se cachent partout. D’ailleurs, ce mot vous est peut-être familier, non ? Le génie de la lampe dans le conte d'Aladin dans « Les Mille et Une Nuits » a effectivement un rapport avec les djinns de la mythologie islamique et arabe. Le mot « génie » est en fait dérivé du mot arabe « djinn » (??), qui désigne des êtres surnaturels ou des esprits…
Oum Louled, l'esprit rôdeur
Au cœur des ténèbres qui enveloppent les nuits à Tunis, se murmure l'effroyable légende d'Oum Louled, l'esprit qui fait dresser tous les poils de votre corps. On raconte qu'elle se traîne dans les ruelles désertes, enveloppée dans les ombres, à la recherche d'âmes perdues ou d'enfants égarés. Son appellation, qui évoque la maternité, est une cruelle ironie, car loin d'offrir réconfort et protection, elle est la messagère de mauvaises augures… Très sinistres.
Sa présence est annoncée par un frisson dans l'air, un changement imperceptible qui glace le sang de ceux qui sentent son approche. L’on dit de rentrer avant que les ombres ne s'allongent, de peur qu'Oum Louled ne vous prenne dans ses bras. Vite, dépêchez-vous !
Elle est le murmure derrière chaque porte close à la tombée de la nuit, le souffle qui traverse les couloirs sombres. Rencontrer son regard, c'est plonger dans un abîme sans fin, où l'espoir et la lumière semblent avoir été éternellement bannis… On est bien là, non ? Dans les ombres froides, on se sent presque à la maison.
Moulay Brahim, des pouvoirs de guérison d’exception

Au cœur des montagnes de l'Atlas, enveloppé dans le brouillard et les mystères ancestraux, se dresse le village de Moulay Brahim, un lieu qui porte le nom d'un saint soufi autrefois vénéré pour ses pouvoirs mystiques. Mais lorsque la nuit tombe et que les ombres s'étirent, une facette plus sombre de ce lieu sacré se révèle. On dit que l'esprit de Moulay Brahim lui-même erre encore parmi les vivants, non pas comme un bienfaiteur, mais comme un gardien spectral de secrets oubliés et de pactes anciens.
Les récits susurrés à la lueur vacillante des bougies parlent de fantômes autour de son mausolée, de murmures portés par le vent qui glacent l'âme. Des guérisons miraculeuses se transforment en malédictions pour ceux qui viennent avec des intentions impures, cherchant à abuser des pouvoirs. La frontière entre la bénédiction et la malédiction est ténue, et les pèlerins imprudents pourraient se retrouver face à des vérités plus terrifiantes que leurs maux...
Chers lecteurs et lectrices de l’ombre, à l'approche du Ramadan, nous vous souhaitons nos meilleurs vœux. Que vous soyez musulman ou non, prenez un moment pour vous cultiver sur ces autres cultures, qui ont tant de choses à nous apprendre ! Des légendes et des mythes qui se transforment en histoires parfaites pour frissonner… Et ça, on adore.